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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 14:05



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La truite au poisson nageur en petits ruisseaux (partie 2 - mai à septembre)


En mars dernier, nous avions abordé la pêche au poisson nageur en début de saison. Continuons notre escapade au bord de ces petits ruisseaux encombrés, comme ceux qui coulent en Argoat. Depuis le mois de mars, les conditions ont changé et il faut reconsidérer notre approche et notre technique.

En principe les eaux ont baissé et se sont éclaircies (quoique que ces derniers temps le climat aurait tendance à nous prouver le contraire!) et surtout elles se sont réchauffées. Après les pêches difficiles du début de saison, nous sommes maintenant dans la meilleure période pour réussir, profitons-en! et ne boudons pas notre plaisir au bord de l'eau.

En mai et juin les conditions sont optimales:

. la température de l'eau se situe aux environ de 12°C (comme nous l'avons maintes fois rappelé la température influe directement sur le métabolisme de notre compagne de jeu)

- la nature en exubérance offre à la truite sa pitance quotidienne, et elle sait profiter de cette manne providentielle. Notre truite fait le plein d'énergie, sa croissance est rapide pendant ces quelques mois d'abondance.



Côté technique, si en début de saison il fallait privilégier une pêche lente, dorénavant la truite n'hésite plus à se déplacer de quelques mètres pour intercepter une proie. En mai je fais ce qu'il me plaît:

- je peux pêcher face à moi en laissant dériver mon poisson nageur en arc de cercle (les poissons suspending font alors merveille) et il n'est pas rare de voir une fario suivre notre PN pendant toute la dérive (merci les lunettes polarisantes!). En fin de dérive on amorce une récupération lente à contre courant (attention l'attaque a souvent lieu à ce moment précis).

- je peux surtout pêcher en lançant trois quarts amont et en animant mon leurre par des twitchings et des jerkings, et c'est là qu'entrent dans la danse les petits jerkbaits que je négligeai volontairement en début de saison. Ils sont alors incomparables. Cette pêche trois quarts amont est à privilégier car le leurre arrivant face à la truite, son temps de réflexion pour prendre ou refuser le leurre doit être très rapide. Et elle n’aime pas toujours laisser s’échapper une proie potentielle.

- je peux toujours pêcher downstream, notamment pour explorer les voûtes végétales qui se sont allégrement développées au dessus du ruisseau et souvent affleurantes à la surface. Un poisson nageur flottant est alors indispensable, on le laisse dériver jusqu'au poste présumé d'une truite avant de le ramener lentement par des animations légères, tout en effectuant des petites pauses.


- pour les secteurs plus profonds (fosses etc.) les Rapala coulants ou poissons nageurs à grande bavette sont toujours d'une grande utilité.

    Fario victime d'un Tiny Fry 50

La pêche au poisson nageur dans ces petites rivières n'est pas une technique où il est possible de ratisser un grand nombre de postes: déjà car le poisson nageur entre en action moins rapidement qu'une cuiller par exemple, et je pense surtout aux postes qui sont souvent exigus sur ces petites rivières. Mais c'est surtout une technique où j’aime tout particulièrement cibler les coups en fonction de mon instinct ; et je prends ensuite le temps de prospecter méticuleusement le poste choisi.


Sachons profiter de ces quelques mois pré-estivaux qui passent toujours trop rapidement! Car il s'ensuivra une nouvelle période difficile, juillet et août, avec des cours d'eau proches de l'étiage, des eaux trop chaudes avec une baisse de l'oxygène dissous: les inconditionnels des poissons nageurs pourront alors toujours espérer quelques réussites en utilisant des mini crankbaits, mais ce ne sera certainement qu'un pis-aller.

Après la torpeur estivale, nous pourrons encore retrouver des conditions plus favorables en septembre. Et avec l'approche du frai nos truites seront aussi plus agressives.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 19:08


La pêche de nuit de la truite de mer sur l'Arques par Eric*


Avertissement: ce qu'il faut savoir avant tout, en pêchant ce splendide poisson de nos rivières qu'est la truite de mer, c'est que nous nous attaquons à un carnassier repenti, qui a cessé de s'alimenter quelques jours avant de remonter l'estuaire, d'où déjà une première difficulté pour nous pêcheurs à la ligne. Ainsi il faudra d'abord jouer sur son agressivité, et plus encore sur sa curiosité pour la faire mordre. C'est aussi un animal extrêmement farouche, il faut toujours attaquer les postes avec beaucoup de précaution, même la nuit, et se déplacer tel un chat, sinon c'est le calage assuré du poisson.
Deuxième point sur lequel j'aimerai insister: la nuit sur les berges d'un estuaire, l'atmosphère pour un être humain y est pesant, angoissant, cela n'a peut-être l'air de rien comme ça au premier abord, et pourtant aujourd'hui encore je sursaute au cri du héron déchirant la nuit… au hibou qui hulule… à la branche qui craque derrière moi…combien de fois ai-je failli détaler... soyez toujours vigilants en pêchant de nuit, la moindre chute peut avoir des conséquences dramatiques, j'en ai fait les frais… Bon, maintenant, on va à la pêche.


Le bon moment: la saison commence véritablement mi-mai et fini la nuit d'Halloween ; il est possible de prendre des truites de mer toutes les nuits de cette dite saison, mais je préfère incontestablement pêcher, la nuit, à partir de juillet. En mai et juin, les poissons sont en fait trop mobiles, et des secteurs peuvent être vides ou très peu peuplés, d'où un manque certain de rivalités sur les postes... Ceci dit, tous les coups du soir peuvent être bons, qu'ils soient venteux, pluvieux, frais, caniculaires, il n'y a pas de règles évidentes, j'ai réussi dans toutes les conditions, sauf par temps de brume, surtout cette brume pesante juste sur l'eau: rentrez alors chez vous.
Pas de lune non plus significative, mais tout de même une préférence: la pleine lune. Beaucoup vous diront qu'elle est néfaste, mais pour ma part, je lui dois mes plus beaux bécards!


Les leurres: là aussi, les avis divergent, mais le bon vieux Rapala CD7cm a ma préférence, correctement réarmé avec des triples de qualité. Mes coloris préférés vont du blanc au jaune, une préférence quand même pour les ventres chromés si vous en trouvez encore, sa nage doit être sinusoïdale, j'exclus à cette pêche les mouvements de rolling, à vous de régler sa nage par de petites astuces. A savoir que je prends beaucoup plus de gros poissons avec du 7cm que du 9 cm, quant aux leurres style cranckbait et jerkbait, je les laisse aux néophytes: certains déclenchent des attaques c'est vrai, mais toujours extrêmement violentes et c'est alors le raté à coup sûr...
D'autres bons leurres a TRM: le Sert articulé 3 morceaux (belle nage et sans réglage précis) et le TailDancer en 6 cm.


L'action de pêche: pour les postes, ce sera à vous de les découvrir au fil de vos sorties, mais pêchez toujours dans l'esprit que celui-ci est occupé, de toute façon, il l'est…
Lancez 3/4 aval, et moulinez extrêmement lentement en sentant vibrer votre leurre, ni jerk ni pause, récupérez, restez vigilant jusqu'à ce que le leurre soit à vos pieds, ce n'est pas une pêche très technique, la clé de la réussite c'est la lenteur de récupération d'un poisson nageur qui nage à la perfection, la TRM est faignante, elle ne courra pas derrière un leurre trop véloce.


L'attaque:

On distingue quatre sortes de touches:

1. La touche en deux temps: petit toc suivi d'un grand, c'est la touche des poissons standards, le poissons est pris à tous les coups.
2. La touche « sent plus rien »... la truite a pris le leurre et l'accompagne, vous ne sentez plus les vibrations, ferrez sans hésiter, 5 fois sur 10, la truite de mer est prise.
3. La gaufre: c'est cette touche ahurissante, à tout casser, à vous arracher la canne des mains, propre aux gros mâles, et là, pas grand chose a faire, sinon de subir, c'est raté a tous les coups.
4. L'écrasement, la touche qui m'intéresse le plus, propre aux grosses truites de mer, sensation indéfinissable, une sorte de petite pesanteur impalpable, un frôlement, quelque chose ne va plus, on vous retient le leurre: ferrez puissamment et vous êtes pendu à un colosse.


Le combat: vous aurez le droit à tout, à la loque qui vient en deux minutes chrono, à l'aérienne qui passe son temps à sauter, à la brute qui dévale sans s'arrêter, à la truite de mer qui se bloque au fond et ne bouge plus, celle qui vient, repart, infatigablement… N'allumez la frontale qu'au dernier moment, quand elle se rend... neuf fois sur dix, au ferrage, le remous de surface vous indique à qui vous avez à faire.
 


Derniers conseils: n'oubliez jamais que c'est une pêche de fou, revenez sur vos pas, repeignez vos postes plusieurs fois, une truite de mer peut réagir à n'importe quel instant, même après le passage de dix pêcheurs, repêchez un endroit où vous venez de prendre, il m'arrive de faire un triplé sur le même poste, et privilégiez le dernier quart d'heure, c'est l'heure des grosses, la pêche de nuit ne dure qu'une heure chaque soir, restez dedans, concentré, faites le vide autour de vous, et vous réussirez....
Le reste, je le garde pour moi, il y a quand même des choses qui font la différence…

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* Je remercie très sincèrement Eric, spécialiste de la truite de mer sur l'Arques, de nous avoir livré ses secrets à propos de cette pêche si particulière, ainsi que pour les photos qui illustrent son article.


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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 17:21

 

 Truite Fario10


La truite au poisson nageur en petits ruisseaux (partie 1 - début de saison)


La pêche de la truite au poisson nageur connaît, depuis quelques temps, un essor important grâce notamment à l'arrivée sur le marché des leurres nippons qui sont très techniquement très au point, procurant une nage et des effets  incomparables. Cette technique connaît chaque jour de nouveaux adeptes. De plus elle a l'avantage de cibler en général les beaux poissons.

Mais pratiquée dans des petits ruisseaux encombrés, c'est une pêche à part, du moins il me semble; elle requiert d'autres atouts que ceux qui sont nécessaires pour réussir en moyennes ou grandes rivières.
Vu la configuration de tels petits cours d'eau, les coups y sont certes plus marqués, mais l'encombrement et la petitesse des postes rendent l'approche et la prospection plus difficiles. Aussi l'adresse et la dextérité sont des qualités indispensables pour réussir.
 

                Poste typique sur une petite rivière encombrée

En début de saison, la pêche de la truite au poisson nageur (il en est de même pour les vaironneurs) a l'avantage d'offrir une belle bouchée à notre fario qui a besoin de se revigorer après les efforts dépensés pour sa reproduction et aussi par la disette forcée des mois hivernaux. La truite saura saisir cette opportunité, mais à certaines conditions:

- le leurre devra être animé avec lenteur et passer pratiquement devant la gueule des truites car elles rechignent à dépenser leur énergie inutilement (l'amoindrissement des poissons se conjugue avec la température de l'eau qui ralentit leur activité). En cette saison oubliez les truites qui se déplacent de plusieurs mètres pour se saisir avec violence de votre poisson nageur!

- la profondeur de nage est aussi un paramètre primordial, le leurre devra pêcher creux, ce qui influe forcément sur le choix de celui-ci.

Ces conditions de pêche du début de saison, que l'on vient rapidement d'énumérer, ne me conviennent pas parfaitement, je l'avoue. Car j'aime surtout opérer au poisson nageur en mai/juin, une fois que les eaux se sont réchauffées, et que notre truite s'active vraiment et qu'elle a retrouvé sa forme olympique. Son attaque se traduit alors par une violente secousse dans le poignet. Et que dire de la vision de ces truites véloces qui, comme des flèches noires foncent sur le leurre, ou encore de celles qui, sorties de nulle part ou quittant leurs repères chassent l'intrus d'un coup de tête rageur… Notre adrénaline fait alors des bonds ; ce sont ces sensations que je recherche éperdument au bord de l'eau.

Venons-en aux poissons nageurs proprement dits. Je ne ferai certainement pas ici une liste exhaustive de tous les leurres qui existent sur le marché (j'en suis d'ailleurs incapable!) et me cantonnerai à n'en citer que quelques-uns. J'essaierai aussi d'éviter les anglicismes à outrance, même si quelques-uns sont presque inévitables.
Le leurre universel pour cette pêche est le jerkbait. Face à l'invasion de leurres nippons (presque toujours excellents), notre bon vieux Rapala est de plus en plus désavoué. Et pourtant, c'est celui qui me convient le mieux en ce début de saison. Les Humback Minnow (Lucky Craft) ou autres Tiny Fry (Illex) pour ne citer que ces deux vedettes que j'affectionne particulièrement, je les réserve pour plus tard, par eaux plus basses.

                              Rapala original: incontournable

Pour revenir à notre Rapala, j'utilise le plus souvent un original plongeant (CD) de 5 cm. Son poids (5 g) facilite les lancers et surtout, il coule rapidement et permet de pêcher près du fond. Les coloris vairon (MN) et truite fario (TR) sont les plus prenants. Le Rapala n'entre pas vraiment dans la catégorie des jerkbaits, dans le sens où l'on préconise qu'il faut mieux le ramener de façon linéaire. Mais je ne pratique jamais ainsi, je l'anime toujours…

Il existe d'autres leurres qui permettent de réussir quand le niveau des eaux est haut ou dans les fosses profondes: il faut alors utiliser des leurres à longue bavette (LBS) comme le 48 DD SP de chez Lucky Craft, le SC Shiner (Daiwa) ou encore le Minnow de Yo-Zuri (ce dernier possède une très bonne densité) etc. De toute façon, le choix d'un poisson nageur est souvent affaire de goût personnel.


Côté technique, déjà il faut chercher la truite dans les secteurs les plus calmes, car en cette saison elle dédaigne à se poster dans les courants trop forts ; ainsi on la trouve dans les fosses, les berges creuses léchées par un courant lent…En petites rivières les postes sont bien visibles. On pratique pratiquement toujours par des lancers sous la canne, qui doivent être courts et précis. On jette le plus souvent devant soi, en laissant dériver en arc de cercle tout en donnant quelques coups de scions, puis la dernière phase consiste à ramener lentement à contre-courant, en animant légèrement, entrecoupés de petites pauses. Il faudra peigner les postes un peu plus que d'ordinaire, pour être sûr de bien présenter le poisson nageur à portée de la truite qui rechignera dans la plupart des cas à se déplacer. Il ne faut pas hésiter non plus à lancer légèrement en aval, certains postes ne sont d'ailleurs abordables seulement de cette façon. On peut alors laisser dévaler son poisson nageur jusqu'à l'antre présumé d'un poisson. Les truites piquées doivent être sorties rapidement, il faut éviter au maximum qu'elles rejoignent leur repère. De ce fait, et pour éviter toute déconvenue, je n'utilise jamais un nylon en dessous du 18/100.

La pêche au poisson nageur en petits ruisseaux possède de nombreux attraits, à mes yeux le principal étant les fortes sensations que nous procure cette technique, mettant en alerte tout nos sens, dans l'attente fébrile de l'attaque qui peut se produire à tout moment. C'est une technique qui permet aussi se démarquer là où la plupart des pêcheurs pratiquent aux appâts naturels. Enfin la satisfaction n'en est que plus grande de réussir à prendre des truites dans ces petites rivières difficiles.

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