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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 18:52
Riviere-40.jpg


On sait que la truite de mer est présente sur la façade ouest (Manche et Atlantique), et qu'elle est vraiment abondante sur les cours d'eau du Nord-Ouest (Normandie, Artois-Picardie) et du Sud-Ouest. 
Si Salmo trutta trutta n'a jamais été représentée en Méditerranée (on a supposé que celle-ci était trop salée pour pouvoir accueillir l'espèce), on constate néanmoins depuis une quinzaine années des captures de plus en plus fréquentes dans le bassin méditerranéen: il s'en prendrait dans le Var, et jusqu'en Ardéche!

Pour ce qui est des truites à livrée argentée capturées sur certains petits fleuves côtiers du sud-est de la France (Têt, Loup, Siagne, Var) il s'agirait plus de "truites d'estuaires" (slub trout comme on les nomme en Irlande, truites qui vivent partiellement en eau douce et en eau saumâtre) que véritablement des truites de mer.

E
t en ce qui concerne les captures de truites de mer plus en amont (Rhône, Ardèche), peu d'informations sont disponibles. L'association "Migrateur Rhône Méditerranée" réalise une enquête sur ces captures de truites de mer mais le retour sur enquête est très limité (on sait que le pêcheur est une espèce peu communicative!). Néanmoins les captures de truites de mer sur le Rhône semblent quand même occasionnelles et essentiellement localisées au Nord du département de Serrière à Tournon . Un petit sujet (25cm) a été capturé sur la rivière Ardèche à St Just lors d'une pêche électrique, au regard de sa taille il s'agit d'un smolt ce qui démontrerait qu'il y ait une reproduction naturelle sur certains secteurs...

En tout cas la possibilité d'une population de truites de mer autochtone est très discutée. En fait si une petite population de truites de mer méditerranéenne existe, elle se serait constituée suite aux nombreux déversements des 40 dernières années en truite fario d'origines diverses (on sait que certaines souches scandinaves ont un caractère migrateur très marqué, et qu'elles ont d'ailleurs participé à l'explosion de certaines populations de truites de mer en France ; l'alevinage massif et répété est même à l'origine des truites de mer sur l'Orne, rivière qui ne connaissaient pas ce splendide migrateur auparavant!).

Affaire à suivre donc...

Nota: je tiens à remercier la fédération de pêche Ardèche pour m'avoir apporté les renseignements dont j'avais besoin ...

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 20:57
L'âge et l'histoire de la truite de mer


La lecture des écailles - la scalimétrie - permet de déterminer lâge et l'histoire du poisson: années passées en rivière et en mer, nombre de reproduction effectuées...

La croissance du poisson se marque sur la partie antérieure de l'écaille, incluse dans le derme, par des stries concentriques ou circuli. Lorsqu'elle est rapide, les stries sont espacées ; lorsqu'elle se ralentit, en hiver, les circuli se rapprochent et forment un anneau plus foncé appelé annulus. Le nombre de ces anneaux donne l'âge du poisson.

La distinction entre vie de rivière et vie en mer est également possible: circuli fins et peu espacés en rivières, épais et beaucoup easpacés en mer.

On distingue trois types de truite de mer selon la durée du séjour marin avant le premier retour en rivière:

 Scalimetrie-Finnock.jpg    Scalimetrie-2hivers-mer.jpg

Type Finnock

Type 1 hiver
en mer

  Type 2 hivers en mer

Remonte en rivière l'année même de sa dévalaison.
Tailles comprises entre 28 et 45 cm (poids 250 g à 1,2 kg).
Capturé couramment sur la Touques.

Remontée en rivière après une année entière passée en mer.
Tailles comprises entre 43 et 66cm (poids 1 à 3,6 kg).
Le plus fréquent dans toutes les rivières du Nord-Ouest.

Remontée en rivière après deux années entières passées en mer.
Tailles comprises entre 62 et 85 cm (poids 3 à 8 kg).



 

Légende:

R = Hiver en Rivière
M = Hiver en Mer
MF= Marque de Fraie


Les marques de fraie

Durant la maturation sexuelle, le poisson, qui ne s'alimente plus, puise sur ses réserves.

Sur les écailles, la réutilisation du calcium provoque une érosion en bordure. L'année suivante, la marque de fraie apparaît sous la forme d'une ligne continue, témoignant de l'usure de l'écaille, suivie d'une forte reprise de croissance.

Scalimetrie-1marque-Fraie.jpg Scalimetrie-4marques-Fraie.jpg

  1 marque de fraie

  2 marques de fraie


Les fraies multiples sont assez fréquentes chez la truite qui peut effectuer jusqu'à 6 reproductions successives.

Source: ONEMA

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 11:43
Les grands préparatifs pour le passage en mer
 
Normalement, un poisson d'eau douce ne peut pas survivre dans l'eau de mer : la trop forte différence de concentration en sels minéraux entre le corps du poisson habitué à l'eau douce et le milieu marin provoque un déséquilibre entraînant des pertes d'eau interne ; le poisson meurt rapidement par déshydratation.
 
Les salmonidés migrateurs ont mis en place des mécanismes de pré-adaptation physiologique et physique permettant aux jeunes passant en mer d'anticiper, et donc de réguler efficacement cette brutale variation de pression osmotique : c'est le phénomène de la smoltification.
 
Truitelle3.JPG
 
En fin d'hiver, c'est une véritable métamorphose qui s'opère chez la truitelle, future truite de mer, placée sous contrôle hormonal et nerveux, et synchronisée avec les facteurs de l'environnement : augmentations de la température des eaux et de la durée du jour. 
 
En 3 à 4 mois, les changements sont spectaculaires sur tous les plans : 
 
- physique: le corps s'allonge, les nageoires se décolorent et la robe devient très brillante (dépôts argentés de guanine sur les écailles qui favorisent le mimétisme en mer et surtout renforcent la protection physique vis-à-vis de l'eau de mer)
 
- comportemental: la truitelle, auparavant territoriale et benthique (vivant postée près du fond), devient grégaire (les poissons se regroupent en bancs, réflexe anti-prédateurs) et pélagique (vivant en pleine eau), incapable de se maintenir dans les courants vifs des rivières (refus de nage rapide).
 
- physiologique: l'activité des branchies, principale surface d'échange entre le poisson et l'eau environnante, s'inverse et s'amplifie pour permettre l'élimination à venir des sels marins ; de nouveaux flux hormonaux s'établissent, avec notamment une forte production d'hormone de croissance ainsi que de substances renforçant la mémorisation de l'environnement (ce qui permettra au poisson devenu adulte de retrouver SA rivière).
 
- croissance: la croissance rapide du smolt est très liée à l'acquisition de l'euryhalinité (capacité à supporter à la fois les milieux eau douce et eau de mer et à s'y adapter) ; le smolt, encore en eau douce, présente déjà une accélération de croissance qui se poursuivra par une des croissances marines les plus rapides (les mortalités par prédation en sont réduites) ; l'activité alimentaire est alors intense.
   
La smoltification transforme la truitelle en véritable poisson marin, apte à s'adapter, croître et survivre dans un milieu totalement différent de celui où elle est née et où elle a grandi.
 
Un smolt "vrai" peut alors être considéré comme un poisson marin qui "survit" en eau douce ; il quitte la rivière parce qu'il s'y trouve en situation de véritable stress, incapable de continuer à se maintenir vis-à-vis du courant et d'y croître correctement. 
 
Le déclenchement de la dévalaison vers la mer intervient à maturité physiologique du smolt et en réponse à des facteurs environnementaux, augmentation de température et/ou des débits. La dévalaison se déroule chaque année de fin février à mi-mai, avec un pic marqué 1ère ou 2ème quinzaine d'avril. Les smolts les plus âgés (2 ans sous nos latitudes) et les plus gros descendent préférentiellement en début de période, remplacés progressivement par les plus jeunes et plus petits (1 an). 
 
La smoltification chez la truite de mer répond aux mêmes mécanismes que chez le saumon atlantique, mais avec des intensités généralement moindres. L'émigration en mer de l'espèce truite n'étant pas vitale mais davantage optionnelle.
 
Différencier la truite fario, la truite de mer et le saumoneau
 
La truite fario est facilement reconnaissable à sa robe marquée de points rouges et noirs auréolés de taches plus claires ; au-dessous de la ligne latérale la couleur est légèrement jaune vert. La nageoire adipeuse est bordée d'un liseré rouge orangé et les nageoires pectorales pelviennes et anales sont elles aussi de couleur orangée.
  
La truite de mer (de même souche que la fario) de par le phénomène de la smoltification prend une robe argentée et brillante. Les nageoires blanchissent mais le liseré orangé persiste sur l'adipeuse avant la première dévalaison en mer. La bouche comme celle de la fario est assez grande et la commissure dépasse l'aplomb de l'œil
  

tacon4.jpg



Le saumoneau est beaucoup plus fuselé et moins massif que la truite de mer. Les nageoires pectorales sont plus grandes, la caudale est plus en forme de v et l'adipeuse est complètement grise. Enfin la bouche est plus petite, la commissure ne dépassant l'aplomb du milieu de l'œil.

(source: ONEMA par Françoise FOURNEL et Arnaud Richard)

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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 12:43

Dessin Saumon OK

Comment reconnaître un saumon ou une truite de mer

Si pour le néophyte ou dans quelques cas particuliers il peut sembler peu évident de différencier un saumon d'une truite de mer, en général il est quand même assez facile de reconnaître de quelle espèce il s'agit.

 

Vous trouverez ci-dessous les différences morphologiques des deux espèces:

 

 

1. Allure générale

Le saumon est fusiforme, la truite de mer est massive voire "boulimique" pour certains gros spécimens.

 

2. Caudale

- La caudale est échancrée (fourchue) chez le saumon, droite (voire convexe pour les gros sujets) chez la truite de mer.

- Attache de la caudale fine chez le saumon, épaisse chez la truite de mer.

- La base de la caudale est prononcée chez le saumon et constitue une "poignée" (de sorte qu'il est possible de le tenir fermement à la main), alors qu'il est impossible de sortir de l'eau une truite de mer en la saisissant par la queue!

 

3. Pigmentation

Pas de point noirs en dessous de la ligne latérale chez le saumon, points noirs cruciformes sur tout le corps chez la truite de mer.

 

4. Tête

La tête est élancée chez le saumon, épaisse pour la truite de mer.

 

5. Position de l'oeil

La mâchoire ne dépasse pas l'axe de l'oeil chez le saumon, alors qu'il le dépasse chez la truite de mer.

 

6. Nombre d'écailles

On dénombre de 10 à 19 écailles entre la nageoire adipeuse et la ligne latérale chez le saumon, en en compte entre 13 et 16 pour la truite de mer.

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 22:05

Chaos-du-Gouet.JPG

Rivières à saumons ou à truites de mer?

Les fleuves côtiers de la Manche-est, de la baie de Seine au Pas-de-calais, abritent les plus importantes populations françaises de truites de mer. Bien que partout également présent, le saumon n’y représente que quelques pour cent du stock total de salmonidés migrateurs. Plus à l’ouest par contre, les rivières du massif armoricain sont à nettes prédominance de saumon, depuis les rivières en renouveau de l’est Cotentin (Vires, Saires, Douve) jusqu’aux cours d’eau bretons aux populations encore fonctionnelles.

Cette répartition entre rivières à truites de mer et rivières à saumon apparaît alors assez nettement définie par la géologie, avec prédominance de la truite de mer sur les rivières calcaires sédimentaires et le saumon sur les rivières du socle ancien, aux roches dures.


Chaque type de cours d’eau répond en effet de manière sensiblement différente aux exigences écologiques et comportementales des juvéniles des deux espèces.

Les jeunes saumons exploitent des habitats très spécifiques, l’habitat de référence étant les radiers grossiers de pierres et galets des rivières où les fortes vitesses et la largeur du lit leur assurent une quasi-exclusivité de l’occupation de l’espace, limitant ainsi compétition inter-spécifique et prédation. La capacité du chenal très courant à offrir des abris définit ainsi directement l’abondance de jeunes saumons qui, en situation optimale, peut être élevée, supérieure à 1 individu par m2, comme sur la Sée.

Le comportement plus agressif de la truite lui permet par contre d’établir des territoires plus confortables dans des milieux à plus faible vitesse de courant, près des berges. Elle exploite aussi plus largement le réseau hydrographique, notamment le chevelu des affluents et ruisseaux, dont la faible hauteur d’eau estivale des radiers ne convient pas aux jeunes saumons.

La géologie détermine directement la nature du substrat des habitats frayères et nourriceries, principalement les radiers. Sur le socle ancien, les roches dures fournissent une granulométrie des habitats courants à dominante de pierres et gros galets, très favorable à une exploitation complète du chenal courant par les jeunes saumons qui y trouvent une mosaïque d’abris. Les radiers de galets et graviers de silex des rivières sédimentaires, excellentes frayères, présentent par contre peu d’abris dans un chenal à courant toujours très soutenu, et parfois colmaté par les concrétions calcaires: la capacité d’accueil s’y trouve ainsi surtout en berges, postes de prédilection des truites.

Par ailleurs, les différences de régime thermique (eaux moins froides en hiver et plus fraîches en été sur les rivières calcaires) pourraient également favoriser l’une ou l’autre des deux espèces, tant au niveau de l’incubation et du développement embryonnaire que de la croissance juvénile.

(source ONEMA)

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