Présentation de la truite de rivière
Sous ce nom générique, quand on désigne une "truite", il est bien difficile de dire précisément de quel poisson on parle ; on peut même évoquer des poissons assez
peu semblables, et pas seulement sur des critères morphologiques! Car en parlant de "truite", il n'y a qu'un pas à franchir pour "mélanger les genres"… (si j'ose dire): ainsi la truite
arc-en-ciel appartient au genre Oncorhynchus et notre truite commune – salmo trutta fario – au genre Salmo. Dans ce blog c'est d'ailleurs exclusivement au genre Salmo que nous nous
intéresserons.
Mais, même si nous parlons d'une truite appartenant au genre Salmo, il faudra encore préciser de quelle forme écologique on parle. Cette rubrique traite de la truite
de rivière, contrairement aux deux autres formes (marine et lacustre).
Cette mise au point effectuée, examinons maintenant d'un peu plus près l'origine de notre truite. Dans un blog se prévalant de parler de "pêche sportive", c'est au
minimum les "truites sauvages" que nous évoquerons ici ; pour cette fois utilisons cette appellation passe-partout car bien malin celui qui, de nos jours, peut garantir à coup sûr l'origine d'une
truite! Et ce surtout sur certains bassins (notamment ceux du bassin atlantique) et à fortiori là où les effets cumulés des alevinages massifs depuis des décennies se font ressentir (pollution
génétique).
Nous passerons rapidement sur le déversement dans nos rivières de poissons adultes pour satisfaire une certaine catégorie de pêcheurs… nous comprenons mieux alors
que dire "j'ai pris une truite!" ne veut plus dire grand-chose depuis longtemps tant son nom a été galvaudé. Parler d'une truite en citant un ersatz! Calomnie…
Entendons-nous donc bien sur les termes: une truite sauvage peut être d'origine domestique si elle a été déversée dans la rivière au stade juvénile (œufs, alevins à
vésicules résorbés) mais qu'elle aura acquis certains réflexes, plus ou moins ceux d'un poisson issue d'une population naturelle. Pour ces derniers, on parle de truites de souche ou de truites
autochtones. A mes yeux, ce sont bien sûr ces derniers poissons – petits joyaux de la nature – pour lesquels j'ai le plus grand intérêt!
Ces populations naturelles sont évidemment hyper-adaptées à leur milieu puisqu'elles se sont façonnées par la sélection naturelle au cours des millénaires!
Dans cet imbroglio, et pour compliquer encore un peu plus les choses, la truite est en plus marquée par un fort degré de polymorphisme (dans le passé, souvent des
truites de la même espèce ont été classées comme espèces différentes), déjà au niveau des formes géographiques (deux grandes souches en France - atlantique et méditerranéenne) mais aussi
régionales ou locales. Deux truites locales, vivant dans la même rivière, peuvent posséder chacune des robes sensiblement différentes selon le secteur qu'elles occupent (une sous-berge sombre ou
un secteur sablonneux et ensoleillé par exemple).
A ce titre, et pour vérifier ces propos, je ne peux que vous conseiller de vous reporter à l'excellent ouvrage de James Prosek
"le bel inventaire des truites" et de ce tour du monde des truites par de splendides aquarelles.