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La truite au poisson nageur en petits ruisseaux (partie 1 - début de
saison)
La pêche de la truite au poisson nageur connaît, depuis quelques temps, un essor important grâce notamment à l'arrivée sur le marché des leurres nippons qui sont très techniquement très au
point, procurant une nage et des effets incomparables. Cette technique connaît chaque jour de nouveaux adeptes. De plus elle a l'avantage de cibler en général les beaux
poissons.
Mais pratiquée dans des petits ruisseaux encombrés, c'est une pêche à part, du moins il me semble; elle requiert d'autres atouts que ceux qui sont nécessaires pour réussir en moyennes ou grandes
rivières.
Vu la configuration de tels petits cours d'eau, les coups y sont certes plus marqués, mais l'encombrement et la petitesse des postes rendent l'approche et la prospection plus difficiles.
Aussi l'adresse et la dextérité sont des qualités indispensables pour réussir.
Poste typique sur une petite rivière encombrée
En début de saison, la pêche de la truite au poisson nageur (il en est de même pour les vaironneurs) a l'avantage d'offrir une belle bouchée à notre fario qui a besoin de se revigorer après les
efforts dépensés pour sa reproduction et aussi par la disette forcée des mois hivernaux. La truite saura saisir cette opportunité, mais à certaines conditions:
- le leurre devra être animé avec lenteur et passer pratiquement devant la gueule des truites car elles rechignent à dépenser leur énergie inutilement (l'amoindrissement des poissons se conjugue
avec la température de l'eau qui ralentit leur activité). En cette saison oubliez les truites qui se déplacent de plusieurs mètres pour se saisir avec violence de votre poisson nageur!
- la profondeur de nage est aussi un paramètre primordial, le leurre devra pêcher creux, ce qui influe forcément sur le choix de celui-ci.
Ces conditions de pêche du début de saison, que l'on vient rapidement d'énumérer, ne me conviennent pas parfaitement, je l'avoue. Car j'aime surtout opérer au poisson nageur en mai/juin, une fois
que les eaux se sont réchauffées, et que notre truite s'active vraiment et qu'elle a retrouvé sa forme olympique. Son attaque se traduit alors par une violente secousse dans le poignet. Et que
dire de la vision de ces truites véloces qui, comme des flèches noires foncent sur le leurre, ou encore de celles qui, sorties de nulle part ou quittant leurs repères chassent l'intrus d'un coup
de tête rageur… Notre adrénaline fait alors des bonds ; ce sont ces sensations que je recherche éperdument au bord de l'eau.
Venons-en aux poissons nageurs proprement dits. Je ne ferai certainement pas ici une liste exhaustive de tous les leurres qui existent sur le marché (j'en suis d'ailleurs incapable!) et me
cantonnerai à n'en citer que quelques-uns. J'essaierai aussi d'éviter les anglicismes à outrance, même si quelques-uns sont presque inévitables.
Le leurre universel pour cette pêche est le jerkbait. Face à l'invasion de leurres nippons (presque toujours excellents), notre bon vieux Rapala est de plus en plus désavoué. Et
pourtant, c'est celui qui me convient le mieux en ce début de saison. Les Humback Minnow (Lucky Craft) ou autres Tiny Fry (Illex) pour ne citer que ces deux vedettes que j'affectionne
particulièrement, je les réserve pour plus tard, par eaux plus basses.
Rapala
original: incontournable
Pour revenir à notre Rapala, j'utilise le plus souvent un original plongeant (CD) de 5 cm. Son poids (5 g) facilite les lancers et surtout, il coule rapidement et permet de pêcher près du fond.
Les coloris vairon (MN) et truite fario (TR) sont les plus prenants. Le Rapala n'entre pas vraiment dans la catégorie des jerkbaits, dans le sens où l'on préconise qu'il faut mieux le
ramener de façon linéaire. Mais je ne pratique jamais ainsi, je l'anime toujours…
Il existe d'autres leurres qui permettent de réussir quand le niveau des eaux est haut ou dans les fosses profondes: il faut alors utiliser des leurres à longue bavette (LBS) comme le 48 DD SP de
chez Lucky Craft, le SC Shiner (Daiwa) ou encore le Minnow de Yo-Zuri (ce dernier possède une très bonne densité) etc. De toute façon, le choix d'un poisson nageur est souvent affaire de goût
personnel.
Côté technique, déjà il faut chercher la truite dans les secteurs les plus calmes, car en cette saison elle dédaigne à se poster dans les courants trop forts ; ainsi on la trouve dans les fosses,
les berges creuses léchées par un courant lent…En petites rivières les postes sont bien visibles. On pratique pratiquement toujours par des lancers sous la canne, qui doivent être courts et
précis. On jette le plus souvent devant soi, en laissant dériver en arc de cercle tout en donnant quelques coups de scions, puis la dernière phase consiste à ramener lentement à contre-courant,
en animant légèrement, entrecoupés de petites pauses. Il faudra peigner les postes un peu plus que d'ordinaire, pour être sûr de bien présenter le poisson nageur à portée de la truite qui
rechignera dans la plupart des cas à se déplacer. Il ne faut pas hésiter non plus à lancer légèrement en aval, certains postes ne sont d'ailleurs abordables seulement de cette façon. On peut
alors laisser dévaler son poisson nageur jusqu'à l'antre présumé d'un poisson. Les truites piquées doivent être sorties rapidement, il faut éviter au maximum qu'elles rejoignent leur repère. De
ce fait, et pour éviter toute déconvenue, je n'utilise jamais un nylon en dessous du 18/100.
La pêche au poisson nageur en petits ruisseaux possède de nombreux attraits, à mes yeux le principal étant les fortes sensations que nous procure cette technique, mettant en alerte tout nos sens,
dans l'attente fébrile de l'attaque qui peut se produire à tout moment. C'est une technique qui permet aussi se démarquer là où la plupart des pêcheurs pratiquent aux appâts naturels. Enfin la
satisfaction n'en est que plus grande de réussir à prendre des truites dans ces petites rivières difficiles.