[...] Tous les profanes et même la plupart des pêcheurs estiment la réponse tellement évidente que la question est dénuée d'interêt.
"Les poissons mordent, disent-ils, parce qu'ils ont faim, et que nous avons muni notre hameçon d'un appât délicieux, ou du moins qui le paraît". Pour ceux qui
recherchent les poissons blancs, cette réponse est correcte et suffisante. Quand il s'agit de la truite, elle est partiellement vraie. Pour la truite de mer et le saumon, dont l'alimentation en
eau douce est minime ou nulle, elle n'a aucun sens [...]
Extrait des Mémoires d'un pêcheur à la mouche irlandais, T.C. Kingsmille Moore.
Nouvelle édition avec une traduction revue et corrigée disponible aux Editions du Trieux.
http://www.editionsdutrieux.com/
Samedi 4 octobre 2008
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La truite au poisson nageur en petits ruisseaux (partie 2 - mai à
septembre)
En mars dernier, nous avions abordé la pêche au poisson nageur en début de saison. Continuons notre escapade au bord de ces petits ruisseaux encombrés, comme
ceux qui coulent en Argoat. Depuis le mois de mars, les conditions ont changé et il faut reconsidérer notre approche et notre technique.
En principe les eaux ont baissé et se sont éclaircies (quoique que ces derniers temps le climat aurait tendance à nous prouver le contraire!) et surtout elles se sont réchauffées. Après les
pêches difficiles du début de saison, nous sommes maintenant dans la meilleure période pour réussir, profitons-en! et ne boudons pas notre plaisir au bord de l'eau.
En mai et juin les conditions sont optimales:
. la température de l'eau se situe aux environ de 12°C (comme nous l'avons maintes fois rappelé la température influe directement sur le métabolisme de notre compagne de jeu)
- la nature en exubérance offre à la truite sa pitance quotidienne, et elle sait profiter de cette manne providentielle. Notre truite fait le plein d'énergie, sa croissance est rapide pendant ces
quelques mois d'abondance.
Côté technique, si en début de saison il fallait privilégier une pêche lente, dorénavant la truite n'hésite plus à se déplacer de quelques mètres pour intercepter une proie. En mai je fais ce
qu'il me plaît:
- je peux pêcher face à moi en laissant dériver mon poisson nageur en arc de cercle (les poissons suspending font alors merveille) et il n'est pas rare de voir une fario suivre notre PN
pendant toute la dérive (merci les lunettes polarisantes!). En fin de dérive on amorce une récupération lente à contre courant (attention l'attaque a souvent lieu à ce moment précis).
- je peux surtout pêcher en lançant ¾ amont et en animant mon leurre par des twitchings et des jerkings, et c'est là qu'entrent dans la danse les petits jerkbaits
que je négligeai volontairement en début de saison. Ils sont alors incomparables. Cette pêche 3/4 amont est à privilégier car le leurre arrivant face à la truite, son temps de réflexion pour
prendre ou refuser le leurre doit être très rapide. Et elle n’aime pas toujours laisser s’échapper une proie potentielle.
- je peux toujours pêcher downstream, notamment pour explorer les voûtes végétales qui se sont allégrement développées au dessus du ruisseau et souvent affleurantes à la surface. Un
poisson nageur flottant est alors indispensable, on le laisse dériver jusqu'au poste présumé d'une truite avant de le ramener lentement par des animations légères, tout en effectuant des petites
pauses.
- pour les secteurs plus profonds (fosses etc.) les Rapala coulants ou poissons nageurs à grande bavette sont toujours d'une grande utilité.
Fario victime d'un Tiny Fry 50
La pêche au poisson nageur dans ces petites rivières n'est pas une technique où il est possible de ratisser un grand nombre de postes: déjà car le poisson nageur
entre en action moins rapidement qu'une cuiller par exemple, et je pense surtout aux postes qui sont souvent exigus sur ces petites rivières. Mais c'est surtout une technique où j’aime tout
particulièrement cibler les coups en fonction de mon instinct ; et je prends ensuite le temps de prospecter méticuleusement le poste choisi.
Sachons profiter de ces quelques mois pré-estivaux qui passent toujours trop rapidement! Car il s'ensuivra une nouvelle période difficile, juillet et août, avec des
cours d'eau proches de l'étiage, des eaux trop chaudes avec une baisse de l'oxygène dissous: les inconditionnels des poissons nageurs pourront alors toujours espérer quelques réussites en
utilisant des mini crankbaits, mais ce ne sera certainement qu'un pis-aller.
Après la torpeur estivale, nous pourrons encore retrouver des conditions plus favorables en septembre. Et avec l'approche du frai nos truites seront aussi plus
agressives.
Samedi 14 juin 2008
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Publié dans : Pêche des Salmonidés
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