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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 18:09

Truites & Cie
 


Si Truites & Cie a été publié en 1988, il n'a été traduit en Français que récemment (il était temps!), grâce à Oliver Gallmeister - ancien directeur financier chez Hachette - passionné de pêche à la mouche et de littérature américaine. Il a créé en 2006 les éditions qui portent son nom et dirige la collection Nature Writing. Ce genre littéraire, majeur aux Etats-Unis, se veut un plaidoyer pour les grands espaces américains et s'attache à faire découvrir la richesse littéraire de l'ouest américain.    

John Gierach - nature-writer (eh oui dans cette Amérique là on peut être un « nature-writer » et pêcheur ou chasseur: ça serait un peu plus difficile à comprendre en France…) - nous livre ici un recueil de chroniques autobiographiques savoureuses, bucoliques et bourrées d'humour. Dans ces fables délectables il est bien sûr question d'histoires de pêche entre copains (où il a parfois fallu rouler toute la nuit "en avalant des litres de café de station-service pour tenter de rester éveillé" pour enfin se retrouver au petit matin les pieds dans l'eau), de bivouacs qui "sentent bon l'odeur du café", de montages de mouche, d'anecdotes cocasses… Mais l'auteur nous fait part aussi de son immense expérience, lui qui a passé énormément de temps au bord de l'eau à observer la rivière, grâce à son métier en free-lance qui lui laisse énormément de temps libre pour aller à la pêche: "C'est vrai, quoi, qu'est-ce que j'ai de mieux à faire de toute façon? Gagner ma vie?"  

Truites & Cie nous entraîne dans l'ouest américain, au pays des grizzlys et des truites cutthroat, dans ces grands espaces qui nous font rêver. Nous découvrons cette nature brute et primitive, ces paysages sauvages et montagneux : le Montana, le Wyoming, ou encore les Rocheuses du Colorado où les rivières coulent dans des canyons aux tons rouge et sable. Gierach évoque bien sûr ces rivières mythiques comme l'Henry's Fork dans l'Idaho (les éclosions d'éphémères - réglées comme un "coucou suisse" - y sont fantastiques et s'ensuivent de retombées massives d'imagos …) ou de la South Platte qui a bien failli disparaître à cause d'un projet de construction d'un immense barrage ("et les eaux engloutiront tout ça"). Ce projet fou mais… rentable (hic) tombera heureusement à l'eau (si j'ose dire) grâce à la mobilisation et la détermination de nombreux opposants: associations de protection de l'environnement et …pêcheurs. Et de rappeler au passage que pêche récréative rime aussi avec écologie, l'auteur s'étant largement impliqué dans la sauvegarde des cours d'eau: "laisser une rivière à truites, fût-elle petite, sans surveillance, c'est comme laisser votre portefeuille sur le bar le temps d'aller aux toilettes: vous le retrouverez peut-être en revenant, mais s'il n'est plus là vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même".
Ce livre nous fait aussi découvrir la pêche en lac de plaine ou dans ces lacs d'altitude inaccessibles et sauvages – qu'il faut atteindre après plusieurs heures de marche - dont "un petit nombre n'a toujours pas de noms officiels" ou alors "des noms différents selon les pêcheurs"! Ce qui peut donner une idée de l’immensité de ces territoires restés encore sauvages.

 

John Gierach

John Gierach


Mais Truites & Cie n'est pas seulement un manuel de pêche ou un récit d'aventures: il s'avère aussi être un véritable petit traité de philosophie, où il arrive à notre écrivain-pêcheur de méditer sur notre passion. Comme sur la complexité de la pêche à la mouche et de ce qui constituerait "sa pureté", en se moquant au passage du perfectionnisme de certains puristes de la discipline (à ne pas confondre néanmoins avec les snobs – précise-t-il), lui qui se dit appartenir plutôt "au prolétariat ordinaire de la mouche", et que si "prendre des truites à la mouche sèche en eau vive est le plaisir suprême" […] "selon les circonstances, telle truite peut être meilleure que telle autre". Et de rajouter que la pêche à la mouche ne se résume pas à pêcher les salmonidés exclusivement, l'auteur affirmant sans honte faire partie "de ces pêcheurs à la mouche qui prennent les poissons communs à chair blanche au sérieux".
Ou encore en parlant de la passion qui nous anime, John Gierach écrit: "si vous voulez rester passionné jusqu'à la fin de vos jours, optez pour une activité qui ne puisse vraiment se réduire à une science exacte" ou s'amusant de nos petits travers comme ici de notre mauvaise fois: "on sait peu que le baromètre fut en fait inventé par un pêcheur. Son but originel n'était pas de mesurer la pression atmosphérique, mais de fournir des excuses d'allure vaguement scientifique aux praticiens bredouilles".

Et les poissons dans tout ça? Les eaux et lacs de l'ouest américain abritent bien sûr des truites phénoménales, "les arcs-en-ciel y sont grandes, dodues, en bonne santé et dures au combat". Dans "chasseur de têtes" John Gierach évoque le concept du gros poisson – en précisant au passage que la notion de taille ou de poids est toute relative -  et cette force mystérieuse qui pousse tout pêcheur à vouloir prendre un gros poisson même si "nous ignorons pourquoi nous le désirons, mais nous supposons que cette question se réglera d'elle-même si nous réussissons" et que finalement "n'est-ce pas la quête en elle-même qui compte pour nous – le fragile équilibre entre le réel, le possible et la promesse"? Et Gierach aussi de nous prévenir: si la pêche est une invitation au voyage, gare au syndrome du "toujours plus loin" pour aller rechercher dans des contrées toujours éloignées ces poissons énormes qui n'existent que dans notre imaginaire, car "gare à ne pas  porter ce regard triste et songeur par-delà les arbres alors que des poissons vous attendent à cinq minutes de marche".

Truite & Cie nous fait découvrir cette autre Amérique éloignée des fastfoods. Chef d'œuvre de la littérature halieutique, il se dévore d'une traite: à lire et à relire sans modération.  

Truites & Cie de John Gierach

Nature Writing
Editions Gallmiester – 226 pages

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 18:21

Billet12    Une des premières de l'année


"Est-ce qu'il y a de l'eau?". Voilà bien la sempiternelle question qui revient sur toutes les lèvres à chaque début de saison. Pour les régions de l'Ouest et du N-O (Bretagne, Normandie, Pas-de-Calais) la réponse est sans ambiguïtés : non. Après un voyage éclair en Bretagne, le constat est là : les eaux sont basses et claires pour la saison. Mêmes observations dans le N-O : des niveaux aussi bas qu'en 2010, ici encore les nappes n'ont pas atteintes leurs niveaux de remplissage, et ce malgré un début d'hiver qui semblait prometteur en terme de précipitations. Et le temps des pluies efficaces sera bientôt révolu, il est même déjà trop tard, vu les températures enregistrées en ce moment!

 

Dans ce contexte, et si les choses devaient en rester là, le "spectre" de la saison 2010 (mais rappelons-nous aussi 2003 – 2004…) revient hanter tous les esprits. La saison de pêche de la truite dans ces régions, et a fortiori celle des migrateurs, s'annonce déjà compliquée. Et la saison 2011 verra certainement - à nouveau - son lot d'eaux basses, réchauffées, de poissons apathiques… les postes habituellement occupés resteront désespérément vides du fait de la faible hauteur d'eau… les poissons seront réfugiés dans les fosses…

 

Pour le reste, il faudra faire avec, rivaliser face "aux éléments" en faisant preuve de ténacité, d'opportunisme, de discrétion en soignant encore plus son approche qu'à l'ordinaire face à des poissons craintifs qui nous verront arriver de loin ! Et profiter ponctuellement des quelques conditions favorables qui se présenteront: coups d'eau, perturbations venant de l'atlantique, et bien sûr des passages éclairs des migrateurs. Avantage aux locaux, donc!

 

Les niveaux d'eau, la météo sont des composantes importantes de notre passion, mais que nous ne maîtrisons pas. Et malheureusement pour nous le scénario a tendance à souvent se répéter depuis une décennie! C'est ainsi. En Bretagne, où il faut le rappeler 80% des ressources en eau sont assurées par les eaux de surface, les rivières sont particulièrement sensibles au manque de précipitations prolongé. Et la disparition du bocage n'a eu pour effet que d'aggraver un peu plus le phénomène, en accentuant l'érosion dû au ruissellement. Les rivières ressemblent à des oueds en période estivale, et se transforment en torrent de boue au moindre coup d'eau, avant de retrouver presque instantanément leur aspect initial, après une décrue éclair! La rivière et ses hôtes ne profitent pas de toute cette eau salvatrice, tombée du ciel. Et là, ce n'est pas de la faute à la météo!

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 19:09

           L'Authie à Saulchoy


L'Authie est un fleuve côtier de l'Artois-Picardie prenant sa source à Coigneux dans la Somme. Après un parcours rectiligne de 103 km, il se jette dans la Manche vers Groffliers (limite de salure des eaux vers Conchil-le-temple).

 

L'Authie - limitrophe entre la Somme et le Pas-de-Calais - coule dans une vallée peu industrialisée et possédant un patrimoine riche (Valloires, Maintenay...). Avec la Canche, l'Authie est l'une des principales rivières du bassin Artois-Picardie, leurs cours sont d'ailleurs parallèles. Si la Canche est relativement bien pourvu en affluents, ce n'est pas le cas de l'Authie : elle draine cinq cours d'eau modestes dont les deux principaux sont la Quillienne et la Grouche dans sa partie supérieure.


                                                             Le moulin de Maintenay
 

L'Authie est alimenté par une nappe phréatique puissante, lui apportant un débit régulier et relativement soutenu, lui épargnant donc l'étiage pendant les périodes critiques. Son cours principal présente une pente moyenne, sa largeur est de 10 à 15 mètres en moyenne.

 

L'agriculture est bien présente dans la vallée avec comme conséquence principale une qualité d'eau moyenne : nitrates élevés mais surtout de gros problèmes d'érosion des sols d'où de nombreuses matières en suspension qui colmatent les frayères (phénomène amplifié par l' "effet retenue" des barrages). La présence de nombreux petits villages posent aussi quelques problèmes de rejets domestiques. Mais l'autre point noir (avec l'érosion) est le cloisonnement de la rivière et les nombreux barrages qui empêchent les migrateurs de remonter convenablement le cours de l'Authie : d'après le PDGP 62 de 2007, 32 ouvrages sur 43 sont infranchissables (ex.:Tollent), soit un obstacle à la migration tous les 5,1 km. Signalons que l'Authie est classé cours d'eau à migrateurs depuis une vingtaine d'années.



 

Du point de vue piscicole, l'Authie - classée 1ère catégorie sur tout son cours - est une rivière salmonicole mais reste d'un intérêt très moyen pour la fario (sauf peut-être sur la partie haute?). En effet les problèmes de colmatage des fonds empêchent la truite fario d'accomplir son cycle de reproduction complet. Certaines AAPPMA tentent de soutenir les effectifs en repeuplant certains canaux convertis en nurseries et qui sont mis en réserves. Mais des truites portions (arcs) sont également déversées dans l'Authie.

Sur la partie basse, au milieu des peupleraies apparaissent étangs et canaux, et donc les espèces vivant dans ces milieux : cyprinidés d'eaux calmes et brochets...

A noter que de nombreuses espèces peuplant l'Authie sont classées à l'annexe 2 de Directive Habitat (N°92/43- CEE) : anguille, chabot, lamproie de Planer, lamproie de rivière, lamproie marine, saumon atlantique.

 



Concernant les salmonidés, le principal intérêt de l'Authie réside dans la pêche des salmonidés migrateurs , en effet de nombreuses truites de mer y viennent frayer mais aussi quelques saumons qui semblent plus nombreux depuis quelques années. L'Authie est une rivière à grands poissons (pas de finnocks) et dont le poids moyen des captures est de 2,5 kg. Les bonnes saisons, il peut se prendre 150 truites de mer sur l'Authie (chiffre estimé par l'ONEMA, par exemple en 2007, mais peu de captures sont déclarées). La plupart des poissons sont capturés aux leurres (poisson nageur, cuillère) mais la pêche au posé à la pâte reste une technique locale encore couramment utilisé.

                                                             Femelle de 5,5 kg prise pendant la prolongation automnale 

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 17:41


        [...] Tous les profanes et même la plupart des pêcheurs estiment la réponse tellement évidente que la question est dénuée d'interêt.

"Les poissons mordent, disent-ils, parce qu'ils ont faim, et que nous avons muni notre hameçon d'un appât délicieux, ou du moins qui le paraît". Pour ceux qui recherchent les poissons blancs, cette réponse est correcte et suffisante. Quand il s'agit de la truite, elle est partiellement vraie. Pour la truite de mer et le saumon, dont l'alimentation en eau douce est minime ou nulle, elle n'a aucun sens [...]

Extrait des Mémoires d'un pêcheur à la mouche irlandais, T.C. Kingsmille Moore.

Nouvelle édition avec une traduction revue et corrigée disponible aux Editions du Trieux.


http://www.editionsdutrieux.com/



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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 20:21

"Les rivières de ma vie - Mémoires d'un pêcheur de truites" de Bartolomé Bennassar aux éditions de Fallois, 221 pages.

 

 

Le livre: ce livre n'est pas un guide des meilleurs parcours halieutiques de France mais la chronique d'une passion racontée par un "petit pêcheur" (c'est comme ça que l'auteur se qualifie), à une époque bénie où les truites sauvages étaient abondantes. Il nous entraîne aussi en Patagonie, en Slovénie, en Norvège...

Ce que j'ai aimé: le récit sobre d'une vie autour d'une passion, la pêche, et de cette quête permanente de la rivière sauvage, du torrent perdu et inaccessible, et l’espoir qu’il soit peuplé de truites énormes et qui sait, jamais pêchées auparavant? Dans ces mémoires d‘un pêcheur de truites, l’amitié est omniprésente et les émotions sont presque toujours partagées. Les découvertes et les aventures sont vécues en communion permanente avec la nature. La pêche, c’est tout ça.

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 20:45




Sympa à visionner ce film de Tajana GERARD (Videotel - Série "pêche en lieux mythiques"). Il permet certes d'approfondir ses connaissances sur la truite de mer de la souche "Touques" grâce notamment à une interview d'A. Richard "docteur ès- truite de mer". De belles images... mais une seule séquence de combat avec ce valeureux adversaire qu'est la truite de mer, ce qui nous laisse un peu sur notre faim...

52 mn environ.

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 14:05



P1010452


La truite au poisson nageur en petits ruisseaux (partie 2 - mai à septembre)


En mars dernier, nous avions abordé la pêche au poisson nageur en début de saison. Continuons notre escapade au bord de ces petits ruisseaux encombrés, comme ceux qui coulent en Argoat. Depuis le mois de mars, les conditions ont changé et il faut reconsidérer notre approche et notre technique.

En principe les eaux ont baissé et se sont éclaircies (quoique que ces derniers temps le climat aurait tendance à nous prouver le contraire!) et surtout elles se sont réchauffées. Après les pêches difficiles du début de saison, nous sommes maintenant dans la meilleure période pour réussir, profitons-en! et ne boudons pas notre plaisir au bord de l'eau.

En mai et juin les conditions sont optimales:

. la température de l'eau se situe aux environ de 12°C (comme nous l'avons maintes fois rappelé la température influe directement sur le métabolisme de notre compagne de jeu)

- la nature en exubérance offre à la truite sa pitance quotidienne, et elle sait profiter de cette manne providentielle. Notre truite fait le plein d'énergie, sa croissance est rapide pendant ces quelques mois d'abondance.



Côté technique, si en début de saison il fallait privilégier une pêche lente, dorénavant la truite n'hésite plus à se déplacer de quelques mètres pour intercepter une proie. En mai je fais ce qu'il me plaît:

- je peux pêcher face à moi en laissant dériver mon poisson nageur en arc de cercle (les poissons suspending font alors merveille) et il n'est pas rare de voir une fario suivre notre PN pendant toute la dérive (merci les lunettes polarisantes!). En fin de dérive on amorce une récupération lente à contre courant (attention l'attaque a souvent lieu à ce moment précis).

- je peux surtout pêcher en lançant trois quarts amont et en animant mon leurre par des twitchings et des jerkings, et c'est là qu'entrent dans la danse les petits jerkbaits que je négligeai volontairement en début de saison. Ils sont alors incomparables. Cette pêche trois quarts amont est à privilégier car le leurre arrivant face à la truite, son temps de réflexion pour prendre ou refuser le leurre doit être très rapide. Et elle n’aime pas toujours laisser s’échapper une proie potentielle.

- je peux toujours pêcher downstream, notamment pour explorer les voûtes végétales qui se sont allégrement développées au dessus du ruisseau et souvent affleurantes à la surface. Un poisson nageur flottant est alors indispensable, on le laisse dériver jusqu'au poste présumé d'une truite avant de le ramener lentement par des animations légères, tout en effectuant des petites pauses.


- pour les secteurs plus profonds (fosses etc.) les Rapala coulants ou poissons nageurs à grande bavette sont toujours d'une grande utilité.

    Fario victime d'un Tiny Fry 50

La pêche au poisson nageur dans ces petites rivières n'est pas une technique où il est possible de ratisser un grand nombre de postes: déjà car le poisson nageur entre en action moins rapidement qu'une cuiller par exemple, et je pense surtout aux postes qui sont souvent exigus sur ces petites rivières. Mais c'est surtout une technique où j’aime tout particulièrement cibler les coups en fonction de mon instinct ; et je prends ensuite le temps de prospecter méticuleusement le poste choisi.


Sachons profiter de ces quelques mois pré-estivaux qui passent toujours trop rapidement! Car il s'ensuivra une nouvelle période difficile, juillet et août, avec des cours d'eau proches de l'étiage, des eaux trop chaudes avec une baisse de l'oxygène dissous: les inconditionnels des poissons nageurs pourront alors toujours espérer quelques réussites en utilisant des mini crankbaits, mais ce ne sera certainement qu'un pis-aller.

Après la torpeur estivale, nous pourrons encore retrouver des conditions plus favorables en septembre. Et avec l'approche du frai nos truites seront aussi plus agressives.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 19:08


La pêche de nuit de la truite de mer sur l'Arques par Eric*


Avertissement: ce qu'il faut savoir avant tout, en pêchant ce splendide poisson de nos rivières qu'est la truite de mer, c'est que nous nous attaquons à un carnassier repenti, qui a cessé de s'alimenter quelques jours avant de remonter l'estuaire, d'où déjà une première difficulté pour nous pêcheurs à la ligne. Ainsi il faudra d'abord jouer sur son agressivité, et plus encore sur sa curiosité pour la faire mordre. C'est aussi un animal extrêmement farouche, il faut toujours attaquer les postes avec beaucoup de précaution, même la nuit, et se déplacer tel un chat, sinon c'est le calage assuré du poisson.
Deuxième point sur lequel j'aimerai insister: la nuit sur les berges d'un estuaire, l'atmosphère pour un être humain y est pesant, angoissant, cela n'a peut-être l'air de rien comme ça au premier abord, et pourtant aujourd'hui encore je sursaute au cri du héron déchirant la nuit… au hibou qui hulule… à la branche qui craque derrière moi…combien de fois ai-je failli détaler... soyez toujours vigilants en pêchant de nuit, la moindre chute peut avoir des conséquences dramatiques, j'en ai fait les frais… Bon, maintenant, on va à la pêche.


Le bon moment: la saison commence véritablement mi-mai et fini la nuit d'Halloween ; il est possible de prendre des truites de mer toutes les nuits de cette dite saison, mais je préfère incontestablement pêcher, la nuit, à partir de juillet. En mai et juin, les poissons sont en fait trop mobiles, et des secteurs peuvent être vides ou très peu peuplés, d'où un manque certain de rivalités sur les postes... Ceci dit, tous les coups du soir peuvent être bons, qu'ils soient venteux, pluvieux, frais, caniculaires, il n'y a pas de règles évidentes, j'ai réussi dans toutes les conditions, sauf par temps de brume, surtout cette brume pesante juste sur l'eau: rentrez alors chez vous.
Pas de lune non plus significative, mais tout de même une préférence: la pleine lune. Beaucoup vous diront qu'elle est néfaste, mais pour ma part, je lui dois mes plus beaux bécards!


Les leurres: là aussi, les avis divergent, mais le bon vieux Rapala CD7cm a ma préférence, correctement réarmé avec des triples de qualité. Mes coloris préférés vont du blanc au jaune, une préférence quand même pour les ventres chromés si vous en trouvez encore, sa nage doit être sinusoïdale, j'exclus à cette pêche les mouvements de rolling, à vous de régler sa nage par de petites astuces. A savoir que je prends beaucoup plus de gros poissons avec du 7cm que du 9 cm, quant aux leurres style cranckbait et jerkbait, je les laisse aux néophytes: certains déclenchent des attaques c'est vrai, mais toujours extrêmement violentes et c'est alors le raté à coup sûr...
D'autres bons leurres a TRM: le Sert articulé 3 morceaux (belle nage et sans réglage précis) et le TailDancer en 6 cm.


L'action de pêche: pour les postes, ce sera à vous de les découvrir au fil de vos sorties, mais pêchez toujours dans l'esprit que celui-ci est occupé, de toute façon, il l'est…
Lancez 3/4 aval, et moulinez extrêmement lentement en sentant vibrer votre leurre, ni jerk ni pause, récupérez, restez vigilant jusqu'à ce que le leurre soit à vos pieds, ce n'est pas une pêche très technique, la clé de la réussite c'est la lenteur de récupération d'un poisson nageur qui nage à la perfection, la TRM est faignante, elle ne courra pas derrière un leurre trop véloce.


L'attaque:

On distingue quatre sortes de touches:

1. La touche en deux temps: petit toc suivi d'un grand, c'est la touche des poissons standards, le poissons est pris à tous les coups.
2. La touche « sent plus rien »... la truite a pris le leurre et l'accompagne, vous ne sentez plus les vibrations, ferrez sans hésiter, 5 fois sur 10, la truite de mer est prise.
3. La gaufre: c'est cette touche ahurissante, à tout casser, à vous arracher la canne des mains, propre aux gros mâles, et là, pas grand chose a faire, sinon de subir, c'est raté a tous les coups.
4. L'écrasement, la touche qui m'intéresse le plus, propre aux grosses truites de mer, sensation indéfinissable, une sorte de petite pesanteur impalpable, un frôlement, quelque chose ne va plus, on vous retient le leurre: ferrez puissamment et vous êtes pendu à un colosse.


Le combat: vous aurez le droit à tout, à la loque qui vient en deux minutes chrono, à l'aérienne qui passe son temps à sauter, à la brute qui dévale sans s'arrêter, à la truite de mer qui se bloque au fond et ne bouge plus, celle qui vient, repart, infatigablement… N'allumez la frontale qu'au dernier moment, quand elle se rend... neuf fois sur dix, au ferrage, le remous de surface vous indique à qui vous avez à faire.
 


Derniers conseils: n'oubliez jamais que c'est une pêche de fou, revenez sur vos pas, repeignez vos postes plusieurs fois, une truite de mer peut réagir à n'importe quel instant, même après le passage de dix pêcheurs, repêchez un endroit où vous venez de prendre, il m'arrive de faire un triplé sur le même poste, et privilégiez le dernier quart d'heure, c'est l'heure des grosses, la pêche de nuit ne dure qu'une heure chaque soir, restez dedans, concentré, faites le vide autour de vous, et vous réussirez....
Le reste, je le garde pour moi, il y a quand même des choses qui font la différence…

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* Je remercie très sincèrement Eric, spécialiste de la truite de mer sur l'Arques, de nous avoir livré ses secrets à propos de cette pêche si particulière, ainsi que pour les photos qui illustrent son article.


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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 17:21

 

 Truite Fario10


La truite au poisson nageur en petits ruisseaux (partie 1 - début de saison)


La pêche de la truite au poisson nageur connaît, depuis quelques temps, un essor important grâce notamment à l'arrivée sur le marché des leurres nippons qui sont très techniquement très au point, procurant une nage et des effets  incomparables. Cette technique connaît chaque jour de nouveaux adeptes. De plus elle a l'avantage de cibler en général les beaux poissons.

Mais pratiquée dans des petits ruisseaux encombrés, c'est une pêche à part, du moins il me semble; elle requiert d'autres atouts que ceux qui sont nécessaires pour réussir en moyennes ou grandes rivières.
Vu la configuration de tels petits cours d'eau, les coups y sont certes plus marqués, mais l'encombrement et la petitesse des postes rendent l'approche et la prospection plus difficiles. Aussi l'adresse et la dextérité sont des qualités indispensables pour réussir.
 

                Poste typique sur une petite rivière encombrée

En début de saison, la pêche de la truite au poisson nageur (il en est de même pour les vaironneurs) a l'avantage d'offrir une belle bouchée à notre fario qui a besoin de se revigorer après les efforts dépensés pour sa reproduction et aussi par la disette forcée des mois hivernaux. La truite saura saisir cette opportunité, mais à certaines conditions:

- le leurre devra être animé avec lenteur et passer pratiquement devant la gueule des truites car elles rechignent à dépenser leur énergie inutilement (l'amoindrissement des poissons se conjugue avec la température de l'eau qui ralentit leur activité). En cette saison oubliez les truites qui se déplacent de plusieurs mètres pour se saisir avec violence de votre poisson nageur!

- la profondeur de nage est aussi un paramètre primordial, le leurre devra pêcher creux, ce qui influe forcément sur le choix de celui-ci.

Ces conditions de pêche du début de saison, que l'on vient rapidement d'énumérer, ne me conviennent pas parfaitement, je l'avoue. Car j'aime surtout opérer au poisson nageur en mai/juin, une fois que les eaux se sont réchauffées, et que notre truite s'active vraiment et qu'elle a retrouvé sa forme olympique. Son attaque se traduit alors par une violente secousse dans le poignet. Et que dire de la vision de ces truites véloces qui, comme des flèches noires foncent sur le leurre, ou encore de celles qui, sorties de nulle part ou quittant leurs repères chassent l'intrus d'un coup de tête rageur… Notre adrénaline fait alors des bonds ; ce sont ces sensations que je recherche éperdument au bord de l'eau.

Venons-en aux poissons nageurs proprement dits. Je ne ferai certainement pas ici une liste exhaustive de tous les leurres qui existent sur le marché (j'en suis d'ailleurs incapable!) et me cantonnerai à n'en citer que quelques-uns. J'essaierai aussi d'éviter les anglicismes à outrance, même si quelques-uns sont presque inévitables.
Le leurre universel pour cette pêche est le jerkbait. Face à l'invasion de leurres nippons (presque toujours excellents), notre bon vieux Rapala est de plus en plus désavoué. Et pourtant, c'est celui qui me convient le mieux en ce début de saison. Les Humback Minnow (Lucky Craft) ou autres Tiny Fry (Illex) pour ne citer que ces deux vedettes que j'affectionne particulièrement, je les réserve pour plus tard, par eaux plus basses.

                              Rapala original: incontournable

Pour revenir à notre Rapala, j'utilise le plus souvent un original plongeant (CD) de 5 cm. Son poids (5 g) facilite les lancers et surtout, il coule rapidement et permet de pêcher près du fond. Les coloris vairon (MN) et truite fario (TR) sont les plus prenants. Le Rapala n'entre pas vraiment dans la catégorie des jerkbaits, dans le sens où l'on préconise qu'il faut mieux le ramener de façon linéaire. Mais je ne pratique jamais ainsi, je l'anime toujours…

Il existe d'autres leurres qui permettent de réussir quand le niveau des eaux est haut ou dans les fosses profondes: il faut alors utiliser des leurres à longue bavette (LBS) comme le 48 DD SP de chez Lucky Craft, le SC Shiner (Daiwa) ou encore le Minnow de Yo-Zuri (ce dernier possède une très bonne densité) etc. De toute façon, le choix d'un poisson nageur est souvent affaire de goût personnel.


Côté technique, déjà il faut chercher la truite dans les secteurs les plus calmes, car en cette saison elle dédaigne à se poster dans les courants trop forts ; ainsi on la trouve dans les fosses, les berges creuses léchées par un courant lent…En petites rivières les postes sont bien visibles. On pratique pratiquement toujours par des lancers sous la canne, qui doivent être courts et précis. On jette le plus souvent devant soi, en laissant dériver en arc de cercle tout en donnant quelques coups de scions, puis la dernière phase consiste à ramener lentement à contre-courant, en animant légèrement, entrecoupés de petites pauses. Il faudra peigner les postes un peu plus que d'ordinaire, pour être sûr de bien présenter le poisson nageur à portée de la truite qui rechignera dans la plupart des cas à se déplacer. Il ne faut pas hésiter non plus à lancer légèrement en aval, certains postes ne sont d'ailleurs abordables seulement de cette façon. On peut alors laisser dévaler son poisson nageur jusqu'à l'antre présumé d'un poisson. Les truites piquées doivent être sorties rapidement, il faut éviter au maximum qu'elles rejoignent leur repère. De ce fait, et pour éviter toute déconvenue, je n'utilise jamais un nylon en dessous du 18/100.

La pêche au poisson nageur en petits ruisseaux possède de nombreux attraits, à mes yeux le principal étant les fortes sensations que nous procure cette technique, mettant en alerte tout nos sens, dans l'attente fébrile de l'attaque qui peut se produire à tout moment. C'est une technique qui permet aussi se démarquer là où la plupart des pêcheurs pratiquent aux appâts naturels. Enfin la satisfaction n'en est que plus grande de réussir à prendre des truites dans ces petites rivières difficiles.

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 11:41

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Si la pêche en 1ère catégorie est ouverte depuis déjà 2 semaines dans la majorité des départements, elle vient seulement d'ouvrir ce samedi 22 mars (avec une météo hivernale!) pour les quelques départements retardataires du nord de la France: désormais nous pouvons enfin taquiner dame fario sur tout le territoire.

 

Des cours de plaine, aux torrents alpins, en passant par les ruisseaux des hauts plateaux ou encore les puissants gaves, le pêcheur n'a que l'embarras du choix pour assouvir sa quête de la truite du sauvage et de son milieu.

 

Le 8 mars dernier j'ai ainsi pu retrouver ma rivière fétiche, en Bretagne nord, avec un niveau d'eau qui n'avait rien d'exceptionnel pour la saison et des eaux claires et froides: toutes les techniques se valaient donc pour le grand jour. A mon plus grand plaisir quelques truites sauvages - et pas des ersatz (!) - étaient malgré tout au rendez-vous, maigrichonnes et affaiblies comme toujours à cette époque. Elles sont toutes retournées dans leur élément.

A l'ouverture on le sait, nos farios sont rarement coopératives, et les belles pêches seront pour plus tard, quand les eaux se seront réchauffées, et que notre hôte des eaux vives aura recouvré sa forme et qu'elle entrera dans des phases de pleine activité.

 

Côté migrateurs, et pour les aficionados de la truite de mer dont je fais partie, il faudra patienter encore jusqu'à fin avril / début mai selon les cours d'eau (consulter les arrêtés).

En revanche il est possible de pêcher dès maintenant le poisson roi, où l'on peut le rechercher notamment sur les petits fleuves côtiers bretons ou sur les gaves. Rappelons que les saumons de printemps ont un fort potentiel reproducteur et qu'ils sont donc à préserver tout particulièrement. C'est pourquoi un projet d'évolution et d'harmonisation de la pêche en saumon en Bretagne est en cours, avec pour objectif entre autres, de porter la pression de pêche sur les "castillons" pour justement protéger davantage les saumons de plusieurs hivers marins.

Saumon_Printemps6.jpeg

                                    Saumon de 4,8 kg capturé en 2007 par Guy le Maout.


En début de saison, les plus talentueux et les plus ...veinards (car à la pêche il faut aussi un petit soupçon de chance) auront peut-être la joie immense de capturer un saumon de printemps comme celui que tient Guy le Maout (AAPPMA de l'Elorn) sur la photo ci-dessus. J'en profite pour vous inviter à faire un petit tour sur le site web de cette association (http://www.elorn-aappma.com/) afin de découvrir les somptueux parcours de l'Elorn, rivière dotée d'un fort potentiel halieutique, et ceci grâce à une gestion remarquable. Comme quoi, une gestion intelligente et durable, non seulement ça existe, mais en plus ça marche!

 

22 mars 2008.

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Published by Celtic Boy - dans Billets du mois
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